Sans arrêts


Summer wine
29 janvier 2010, 16:38
Classé dans : mots, âme

L’écueil serait le suivant : trouver une forme, un style (pire un univers) et faire rentrer dedans des histoires. c’est sûr ça irait plus vite…

En ce moment : fatigue due à ce foutu rhume… Tête embuée, sommeil difficile.

Et puis une disponibilité aléatoire ! Plus de place pour lire ou voir des choses, je trouve tout ce que je vois nul ou chiant. Grande lassitude dépressive. ça se ressent sur le travail. Plus vraiment de désir de quoi que soit…

Pas trop de théorisation, je ne comprends pas toujours ce qu’on me dit de mon travail. J. dit que c’est normal, plutôt rassurant même. Je dois faire confiance à l’intuition qui me guide.

NOTES RETOUR :

Jea. : cohérence d’ensemble – fresque

rien à dire sur la III

Pb ds la I : phrases ttes faites, clichés ds la langue. Ce qui fait ma force est aussi ce qui fait ma faiblesse : la simplicité des dialogues qui parfois amène à trop d’évidences…

pensé à Copi (!)

S. : progrès évidents, bon chemin. entre 2 écritures ( un truc un peu enfantin, du conte et une chose violente)

pb de construction ds la II (on pourrait imaginer les numéros inserrés au milieu des autres parties…) comme des trouées…(?)

pb de la typification, des images trop évidentes (Epinal) du pirate, l’océan bleu etc. y faire attention, cela nuit à la puissance du truc. Premier monologue très bien « ramassez-moi ça »…

sc. bien : I,2 – III,1 – interview de Martha V.

aspect conte, on dirait que tu serais ceci ou cela et hop !

Barker, P. Turrini



Down
19 janvier 2010, 15:27
Classé dans : âme

Nuit de larmes.

Quand toucherai-je le fond pour donner ce fameux coup de talon et remonter à la surface ? Qu’est-ce qui m’angoisse tant ? L’oisiveté ? L’avenir incertain ? Le destin des autres ?

Ce qui est injuste c’est de se pénaliser soi-même. Je me mets des bâtons dans les roues.

Se soigner, défaire le masque et cesser d’encaisser.

Lectures :

Je commence « Du côté de Guermantes »



Première
14 janvier 2010, 16:20
Classé dans : Théâtre, âme

Ces moments pâté-croûte / vin rouge sont insupportables !

C’est tellement vide et vaniteux. On était en colère mais en colère après cette soirée ! C’en est drôle…

Que faire ? J’en reviens toujours là : que fucking faire ? Pour rompre avec ce truc morbide de serpent qui se mord, pour retrouver de l’utopie, cette ambition de changer le monde, son rapport au monde ?

Même pas envie de disserter sur la nullité absolue de ce truc. ça n’existe pas. J. a dit de façon drôle :  » J’espère que ce sera le pire spectacle de la saison… ».

On est là à ne rien aimer et pourtant à y revenir ! Quels cons !

Tout ça n’est qu’une question de pouvoir, de qui a le pouvoir. Avant j’avais de l’amertume, des regrets (je suis si jeune, c’est ridicule) donc de l’aigreur à ne pas participer à ce grand barnum. Et là, doucement mais sûrement, je me radicalise complètement, ça me rend plus heureuse en réalité d ema dire que je ne veux pas du tout travailler comme ça. Je ne sais pas encore les contours de mon utopie mais bon dieu j’y réfléchis !

La solution associative (dont j’ai finalement été éjectée ! ) c’est pas mon truc, trop de rapports avec les politiques, trop de liens avec les financiers de l’état.

La solitude absolue, je n’y arrive pas.

Fonder un groupe, un mouvement, hum hum…

Let’s do your job !



Vénus
11 janvier 2010, 11:23
Classé dans : Théâtre, chansons

Dans les oreilles : Vénus d’Alain Bashung (« d’un dard vénimeux, d’un socle trompeur, plus loin une souche trempée dans un liquide saumâtre… »)

Et l’autre Vénus qui vient de prendre forme ! ça y est, ce boulot prend fin !

Bon.

Jusqu’à la fin du mois, me remettre sérieusement au travail : transformer le corps du temps II, lui donner plus d’air et de fluidité, plus d’émotions (ça veut dire que les scènes doivent prendre plus leur temps). J’ai envie de refaire entièrement le numéro de Sissi (ça rame bcp trop).

L’autre après-midi, Ant. me demande :  » Qu’est-ce que c’est cette pièce ? ça me fait des trucs que je n’arrive pas à nommer ».

Je hoche la tête et ne répond rien, il continue :  » Pour moi, il y a une tension, un suspense dingue dans chaque partie qui mène à une catastrophe mais que j’arrive à accepter pare qu’il y a une forme d’apaisement … »

Je dis :  » Pour Cha., les trajectoires de personnages sont des arcs qui ne se rencontrent pas au bon moment. un ratage d’où surgit la tragédie. Elle aime l’ambiguité, la fresque et le goufre dans lequel sont jetés pour l’instant les lecteurs. C’est une pièce sur un endroit, un lieu, une terre sous laquelle s’entasse les histoires et les corps successsifs des personnages. c’est vrai je crois que c’est une tragédie – alors la violence faite est transcendée, on peut effectivement l’accepter et en tirer une forme de réflexion… Je crois… »

Je n’ai pas envie d’en parler plus longuement, je dévie la conversation sur la culture pop.

Lectures :

La Conférence de Christophe Pellet : évidemment ça fait penser à T. Bernard. Un truc désespérant sur « l’Etat français » et ses institutions cuturelles asphyxiantes… Bizarre de recevoir le Grand Prix de littérature dramatique pour ce texte… J’espère qu’il n’est pas allé le chercher…

Je me demande vraiment s’il n’aurait pas mieux fallu qu’il attaque en nommant de « vrais » gens. Je me demande ce qu’on s’en fout de ces personnages de fiction. C’est une question. Est-ce qu’on peut se situer dedans et dehors simultanément ?

ça m’amène à:

Histoire – Théâtre – Politique de G. Noiriel.

Noiriel déplore ce mélange dangereux dans la critique théâtrale : ceux qui font des discours sont aussi ceux qui fabriquent le théâtre. ça finit par se mordre la queue, dit-il.

Manque aussi un vrai dialogue entre les sciences et le théâtre.

Placer les spectateurs devant un dilemne plutôt que devant une pièce qui défend des bonnes causes.

Point à travailler : le théâtre du « nous », repli identitaire ( théâtre post-colonial ) / l’art pour l’art ( Pommerat ) / Brecht et ses tentatives, revenir aux sciences humaines ( Benoît Lambert) / Bond et la violence gratuite érigée en manifeste politique alors que la violence est un des éléments tragiques par excellence, c’est un fait dramaturgique d’abord, justifier cette violence d’un point de vue du théâtre, pas toujours d’un point de vue discursif.

L’enfant froid de Marius von Mayenburg : de belles trajectoires de personnages, un peu léger quand même. à monter comme un boulevard.

Commencé Boucherie de l’espérance de Kateb Yacine. C’est complètement fou l’espace commun avec B. !

Romans :

Pluie de Kirsty Gunn / de l’eau partout, un truc visqueux dans lequel on s’enfonce, dans lequel on meurt.

Cadence de Stéphane Velut. / Trop dire, trop de choses / La poupée est bien animée mais sinon, les transformations animales ne sont qu’un motif discursif quand pour Art Spielgelman c’est autre chose…



Retour
28 décembre 2009, 17:49
Classé dans : livre, âme

Toujours partir. angoisse au départ, angoisse au retour. Ligne de fuite à envisager constamment sous peine de grosse déprime. Aïe !

Et Noël, source inépuisable de conflits familiaux… Les parents qui vieillissent, dont on voit l’ennui, la peur et la lassitude. Que la vie est courte.

Beaucoup de livres à lire.

A Paris, une sorte de frénésie, un désir d’écrire fort, des histoires qui courent sous le crâne.

Expos : August Sander à la fondation HCB, Ensor à Orsay, Soulages à Beaubourg.

Livres lus : « La disparition d’un chien » de Catherine Lépront : une intrigue policière et la vie d’une petite communauté d’artiste. Une ambiance nostalgique qui je trouve ressemble à certains égards à Modiano. une langue déliée et bizarre parfois. Un très beau livre

« Apprendre à finir » de Laurent Mauvignier : un souffle mais trop long ( malgré le nombre de pages…)

Spectacles vus : « Le chemin solitaire » d’Arthur Schnitzler par tg STAN à la Bastille

Une dynamique qui s’épuise quand même à force. Un plaisir du jeu certes mais qui tourne en rond, qui devient dépressif. Certaines tentatives sont belles, mais la distance prise avec les personnages ne fonctionnent pas toujours. Un cynisme difficile à défendre au bout d’un moment… Belle esthétique un peu « tapageuse » de bon goût.

« Wanted Petula » de Fabrice Melquiot mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota au 104



Nulle part
13 novembre 2009, 10:41
Classé dans : âme | Mots-clefs:

C’est l’éternelle question de la place qu’on a dans le monde, dans la famille, dans la société, dans le métier.

En tout cas, c’est mon éternelle question. Je n’appartiens à rien. ça me fait souffrir alors même que je crois qu’appartenir à quelque part est une prison. Toujours contrariée, toujours sur les routes à préférer rêver d’un potentiel ailleurs ( inatteignable et invisible ), à lorgner dans l’assiette des autres.

Mettre en valeur mes propres qualités et non pas regretter celles que je n’ai pas : l’audace casse-cou, le brin de folie, la séduction facile, la légèreté. Je rejette mon sérieux, ma colère, les yeux noirs et les joues rouges, la tension, l’exigence castratrice…

S’apaiser, se faire du bien, mettre du miel : paroles de thérapeutes…

Mon cul, le coeur déborde par la bouche : il faut toujours que je mette des mots sur les sentiments qui me traversent, que je les estampille et ensuite… ensuite ils restent collés à la paroi de ma poitrine, impossible de les retirer. C’est malin

Paradoxe : en écrivant ces phrases d’une incroyable lourdeur, jai dans les oreilles « New Soul » de Yaël Naïm : la la lala

hum

Lectures :

« Les Saisons » de M. Pons terminé : Bizarre réalité horrible dans cette vallée de la mort, images difficiles à supporter, scatologie, vulgarité. un ton unique

« Ironie et Vérité » de Kacem : Lisible, un peu caricatural, hautain mais assez intéressant. sur les semblants de semblants…

commencé « Mortelle résidence » de Romain Slocombe

 

 



Une révolte
8 novembre 2009, 11:45
Classé dans : Théâtre, livre

Hier, je me dis : ce que je mets en place n’est pas assez précis, je ne fais qu’effleurer les thèmes je ne fais que pointer du doigt mes sujets.

J. me répond : c’est ça l’art, tu effleures, tu ne fais pas un essai ou de la philo, tu esquisses des pistes à creuser.

Bon d’accord.

Ce qui me semble important c’est que la pièce contienne des éléments révoltants. Je veux laisser la parole à tous les personnages mais sans qu’ils soient nécessairement gentils et sur le chemin d’une rédemption possible. Je ne crois qu’il faille être tiède – faire ressembler le moment à un acte terroriste. ç’est-à-dire la confiscation du choix.

S. ne croit pas vraiment en la transgression au théâtre. Suis-je trop naïve ?

Terreur et pitié ( Aristote – la catharsis tragique ) : la terreur, le terrorisme au sens théâtral du terme. Un outil du théâtre ( pas une fin ) A réfléchir plus avant…

La guitare : détente et plaisir, déjà un brin de lassitude quant au travail à venir…

Lectures :  » La barque silencieuse » de P. Quignard ( Big Pasqual ! ) : petits fragments sur la liberté de se suicider, « écrire ce n’est pas vivre mort » et sur la vie secrète de l’amour fou, sur l’individualisme, la vie indépendante comme un « retrait » subversif…

« Les Pièces mythologiques » de Hanokh Levin



Parler
30 octobre 2009, 17:25
Classé dans : Théâtre

La difficulté numéro 1 : parler de son travail.

- Qu’est-ce que tu fais en ce moment ?

- Et ta soeur ?

Mais non, en fait on finit par bavasser maladroitement sur le boulot en cours… Je me dis que si ce que je développe est trop clair c’est que ça ne va pas, c’est que tout ça est trop conceptuel, trop pensé, donc dans mon cas explicatif et didactique. Alors je préfère parfois bégayer, sourire bêtement et ne pas m’embarquer dans des discussions qui m’éloignent des situations.

En revanche, il faudra bientôt que je défende le travail pour le « vendre ». Trouver l’équation juste entre enjoliver le propos et rester au plus près des intuitions. comment faire ? Une affaire de séduction, de susciter le désir et la confiance. Mal à l’aise. Tout reste à construire, ce sont des sables mouvants qui nous entourent, ce sont des thématiques qui nous échappent, qui créent des émotions brutes en nous et qu’il est par conséquent difficile d’exprimer.

Faudra-t-il expliquer le processus de création, d’où nous sommes parties, de quel matériau nous nous sommes inspirées? ou faudra-t-il supposer la forme non encore atteinte ?

Méthode : La lacune, la béance, le manque

Lu : « Voyage » – livre d’entretien entre Wajdi Mouawad et Hotense Archambault et Vincent Braudiller pour la préparation du festival d’Avignon 2009. Retrouver la narration au théâtre et tout le problème de défendre la fiction au XXIème siècle après la brutalité et l’inhumanité desguerres passées. La mémoire absente de la culture libanaise selon Wajdi. Intéressant à bcp d’égards et puis agaçant agaçant cette façon de blablater sur ce qu’on fait, sur pourquoi on le fait et oh combien nous sommes dans une aventre extraordinaire. Je sais pas. un mélange de sincérité de délicatesse, de profondeur avec l’insupportable truc de star.

« Dans la foule » de Laurent Mauvignier – grand roman surtout la dernière partie et le voyage de Jeff et Tonino en Italie pour revoir Tana. Les paysages, la plage et la renaissance en forme de tâches de rousseur. Pb quant à la polyphonie du roman. Un côté ( comment formuler ? ) généralisé, systématique un peu lourd. Mais des voix quand même qui racontent des visions du monde qui se superposent, se répondent, se contredisent. Et puis un roman d’amitié, c’est bien ça, l’amitié de Jeff et Tonino. Celui qui écrit a une confiance dans les rapports humains malgré l’horreur de la catastrophe dépeinte dans l’enceinte du stade de Bruxelles. Une forme d’humanisme qui me donne une goulée d’air.



je me désespère
22 octobre 2009, 16:19
Classé dans : Spectacle, Théâtre

Rien que le « je » du titre me désespère. pas moyen de ne pas tomber dans le moi-je

j’ai peur voilà le mot esr lâché – relâché – rererelâché. peur de ne pas y arriver ( au bout ), d’être découverte (imposture) peur de l’envie, peur de mon désir de reconnaissance

Faire l’amour ça détend

Fumer c’est stressant

Le film sur les cimetières m’enthousiasme terriblement

celui sur la scène entre Anne et Richard aussi. J’ai hâte de retravailler avec J.

Se lever, parler boulot au saut du lit devant une tartine de nutella

Ne pas quitter l’appartement de la journée. penser que l’isolement me tue alors que j’adore ça : larver devant monordi et les bouquins en jogging gris vieux de 15 ans.

Le luxe.

C’était bien Bordeaux aussi. si bien reçue avec une simplicité et une fraternité peu communes !

je me débats avec J. Butler, là elle critique Foucault que j’ai  lu ( histoire de la sexualité ) donc ça va mieux.

Je dois être au clair avec les concepts que je manipule dans les Pissenlits sinon on verra que j’effleure seulement les sujtes que je ne vais pas au bout.

Discussion de l’autre soir chez Cha, devant un verre de Porto. Le théâtre est pour elle ( j’aime ça ) le lieu du risque pris par l’acteur et par le spectateur conjojntement en qq sorte. dans l’écriture rechercher un espace possible pour la subversion, la transgression mais laquelle, je suis petite bourgeoise en lutte certes mais petite bourgeoise quand même. je mets en place une histoire il ne faut que je laisse tomber au milieu. c’est ça qui est compliqué : pas seulement esquisser, mais donner qqs coups de serin.

vu hier : Le menteur Goldoni – Pelly

vieux masi drôle et enlevé ( drôle de rythme mou au début ) décor trop plan plan mais l’écriture est fine et les enchevêtrements de quiproquo jouissifs.



Méli-mélo
19 octobre 2009, 16:37
Classé dans : Théâtre

Faire le tri.

entre les angoisses récurrentes et l’excitation au travail. j’ai bcp de mal à faire la différence entre le bon et le mauvais. le sentiment que mon intrigue ne tient pas trop la route. aucuns retours puisque je n’ai pas encore montré le second temps. sera-ce cohérent avec le temps 1 ? le fait d’inclure la succession des numéros du Céleste avec l’intrigue globale me plaît. je fonctionne souvent avec des structures d’enchâssements. créer du coup une temporalité distordue ( mimétique des thématiques ? )

un temps qui parle du handicap, du transsexualisme, de transgression, d’amour et d’accident. bof bof bof

Lectures en train : Les saisons (oublié ds l’avion revenant de Bordeaux ) – Dans la foule de Mauvignier